Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ne concerne pas uniquement les enfants. De nombreux adultes vivent au quotidien avec des difficultés d’attention, d’organisation, d’impulsivité ou une sensation de “brouillard mental”.
Le neurofeedback se présente aujourd’hui comme une approche d’entraînement cérébral complémentaire aux prises en charge classiques. Il aide le cerveau à mieux s’autoréguler grâce aux neurosciences et à la neuroplasticité.
Comprendre le TDAH sous l’angle des neurosciences
Le TDAH est un trouble du fonctionnement du système nerveux central, et plus particulièrement des régions impliquées dans l’attention et les fonctions exécutives, telles que le cortex préfrontal. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté, mais d’un mode de fonctionnement cérébral spécifique.
Le rôle des ondes cérébrales dans le déficit d’attention (ratio Thêta/Bêta)
Lors d’un électroencéphalogramme (EEG), on observe différentes ondes cérébrales. Chez certaines personnes TDAH, on retrouve :
des ondes thêta (associées à la somnolence ou à la rêverie) en excès,
et des ondes bêta (liées à l’éveil et au focus) en proportion plus faible.
Ce déséquilibre thêta/bêta peut expliquer :
la dispersion mentale,
la difficulté à rester concentré,
la tendance à l’impulsivité ou à l’agitation intérieure.
Le neurofeedback cherche précisément à rééquilibrer ces schémas d’activité.
Pourquoi les traitements classiques ont-ils leurs limites ?
Les traitements médicamenteux peuvent aider certaines personnes et font partie des approches validées. Cependant, ils ne suffisent pas toujours à eux seuls. Certains patients souhaitent :
réduire leur dépendance aux médicaments,
compléter la prise en charge par un entraînement durable,
agir sur l’autorégulation plutôt que seulement sur les symptômes.
Le neurofeedback s’inscrit en complément, jamais en opposition à l’accompagnement médical.
Qu’est-ce que le Neurofeedback et comment agit-il sur le TDAH ?
Le principe du Biofeedback EEG
Le neurofeedback est une technique issue des neurosciences qui mesure l’activité cérébrale grâce à des capteurs EEG placés sur le cuir chevelu.
Les signaux sont analysés en temps réel, puis retransmis sous forme visuelle ou sonore.
Lorsque le cerveau adopte une activité plus stable et mieux régulée, le système renforce ce mode de fonctionnement. Progressivement, la personne apprend à moduler ses propres ondes cérébrales.
La neuroplasticité : créer de nouvelles connexions
Le cerveau reste capable d’apprendre et de se réorganiser tout au long de la vie : c’est la neuroplasticité.
Avec des entraînements répétés, il devient plus facile de :
rester concentré,
inhiber les impulsions,
maintenir un état d’éveil calme.
Le neurofeedback ne force pas le cerveau : il l’entraîne, comme un muscle que l’on renforce progressivement.
Le déroulement d’une séance de Neurofeedback pour le TDAH
Cartographier l’activité cérébrale
La prise en charge commence souvent par un bilan EEG permettant de :
identifier les zones en sur-activation ou sous-activation,
analyser les schémas thêta/bêta,
définir un protocole personnalisé.
Un entraînement par le jeu ou la vidéo
Pendant la séance, la personne regarde un film, une animation ou un jeu vidéo.
Lorsque l’attention baisse, l’image se rétrécit, se fige ou perd en luminosité.
Quand le cerveau retrouve une activité plus stable, le film repart normalement.
Cette boucle de rétroaction enseigne au cerveau à se réguler de lui-même, sans effort conscient.
Quels sont les résultats attendus et en combien de temps ?
Amélioration de la concentration et réduction de l’impulsivité
Selon les profils, les bénéfices rapportés incluent :
meilleure concentration et organisation,
diminution de l’agitation mentale,
amélioration de la mémorisation,
apaisement émotionnel,
plus grande endurance cognitive dans le milieu scolaire ou professionnel.
Durabilité des effets
Les effets reposent sur un apprentissage cérébral progressif.
Un programme comporte en général plusieurs séances, réparties sur quelques semaines ou mois. Les changements peuvent se consolider dans le temps, surtout lorsqu’ils s’intègrent dans une approche globale (hygiène de vie, accompagnement thérapeutique, soutien psychologique si nécessaire).
FAQ — Vos questions sur le Neurofeedback et le TDAH
Le neurofeedback remplace-t-il les médicaments ?
Non. Il peut être utilisé seul ou en complément, selon les recommandations du professionnel de santé.
Combien de séances sont nécessaires ?
Le nombre dépend du profil de chaque personne. Un protocole personnalisé est établi après le bilan.
Est-ce une méthode invasive ?
Non. Les capteurs posés sur le cuir chevelu enregistrent l’activité EEG mais n’envoient aucun courant.
Le neurofeedback fonctionne-t-il chez l’adulte ?
Oui, la neuroplasticité reste active à l’âge adulte. De nombreux adultes TDAH constatent des améliorations fonctionnelles.

